Anne, tu es l’œil du cyclone, le pivot invisible autour duquel tournent toutes mes pensées. Il y a peu, je flottais, décrivant paresseusement de grands cercles majestueux. J’observais de loin le vortex qui m’attendait si je ne luttais pas. Je ne lutte plus. D’où nos messages. De plus en plus fréquents, de plus en plus personnels.
Je brûle sans cesse de livrer à cet écran tactile des mots lourds d’histoire et de sens. Et je pense que j’exagère. La charge de mon cellulaire ne tient plus la journée depuis quelque temps, la technologie n’est pas de taille. J’ai donc deux raisons d’avoir peur de trop t’écrire. Peur d’épuiser ma batterie. Peur de te lasser. Mais à chaque confidence échangée, j’en désire plus. Là, par exemple, tu me dis avoir rêvé de moi.
Enhardi, mes doigts glissent sur la vitre, une danse digitale et numérique, une langue des signes pour cellulaire, un chant du cygne épistolaire. Alors qu’hier la plume griffait le papier, l’appareil vibre aujourd’hui à l’unisson de mes gestes. L’émotion reste intacte par contre. La transgression est enivrante, les siècles n’y changent rien.
Et chaque fois, à un rythme de plus en plus effréné, le point de non retour est juste là, un motif de quelques pixels qui n’attend que l’interface de ma peau avec la machine pour transmettre ma micro-prose au processeur, aux ondes et ultimement, à tes yeux.
« Tu a peuplé mes nuits très récemment aussi… mais tout contexte a disparu. Je ne me souviens que de ta présence dans mes phases de demi-sommeil, mais aucunement de l’univers dans lequel tu t’es manifestée… J’aurais dû noter ! »
Quelques millimètres d’air ? Non, une chute libre.
Geronimo !

Où la technologie interfère dans le désordre amoureux!! Très beau encore une fois.
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